« 2004, année de toutes
les ambiguïtés ! »
Nous avions annoncé
dès janvier notre intention de marquer cette année du
sceau d'une double célébration autour du 60e anniversaire
du Débarquement de Provence et de la Libération de la
France par l'Armée d'Afrique et du 50e triste anniversaire du
déclenchement de l'insurrection algérienne lors de la
Toussaint « rouge » 1954.
Notre Association a tenu ses promesses puisque déjà, plusieurs
rencontres sont à son actif et que d'autres sont encore prévues
d'ici la fin de l'année. L'essentiel de ce numéro est
d'ailleurs consacré à ces sujets.
Ces manifestations, que nous voulons à la fois pédagogiques
et conviviales, rencontrent un succès grandissant et permettent
aussi de prendre le contre-pied de la désinformation qui continue
ça et là à sévir.
Je déplore à ce sujet la disproportion médiatique
dont nous sommes encore victimes.
En effet, cette année 2004 sera sans doute l'année de
toutes les ambiguïtés.
Alors que l'instauration l'an dernier d'une journée « oecuménique
» de célébrations des victimes françaises
en Afrique du Nord le 5 décembre, pouvait laisser espérer
un apaisement des esprits, certaines communes ont honteusement continué
à célébrer le 19 mars 1962 comme « fin de
la guerre d'Algérie ». D'autres, suprême ignorance
et insulte pour notre Mémoire, ont même osé inaugurer
de nouvelles voies « 19 mars 1962 », au mépris de
la vérité historique.
Tandis qu'un projet de Loi tendant à reconnaître notre
uvre positive outre-mer et les souffrances endurées par
notre communauté lors de la décolonisation est adopté
par le Parlement, avec enfin de significatives avancées, les
Pouvoirs Publics ont maintenu une célébration «
anachronique » le 15 août dernier, du Débarquement
de Provence. Nous avions déjà eu l'occasion, dès
le 20 février, de dénoncer les lacunes de ce cérémonial
à l'égard des Pieds-Noirs dans un communiqué qui,
curieusement, n'a jamais été relayé dans les Médias.
Pendant que plusieurs villages de Provence s'apprêtaient à
honorer durant ce mois d'août 2004 le 60e anniversaire des sacrifices
de l'Armée d'Afrique dans la Libération de la France,
un grand quotidien régional publiait un atlas comportant
d'innommables inepties historiques sur l'Algérie française.
Cette alternance entre espoirs et déceptions nous rappelle en
définitive la « relativité » des choses, rien
n'étant jamais acquis.
A sa mesure, notre Association participe à cette nécessaire
vigilance pour que la France regarde enfin son passé colonial
en cohérence avec la vérité historique et reconnaisse
sa dette morale à l'égard de ses enfants qui firent flotter
son drapeau au delà des mers.
C'est aussi, dans le contexte actuel de la montée des communautarismes,
l'une des conditions du maintien de notre cohésion sociale ;
l'intégration à la Nation doit aussi être un acte
d'adhésion à ses valeurs et cet acte sera d'autant plus
fort que ces valeurs sont respectées.
Mais ceci est un autre débat !
Christian C. FENECH
(Bône / Carnoux-Cassis-13)
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